J'ai lu beaucoup de livres et d'articles sur les drogues, leurs effets, leurs modes d'action, leurs dangers, leurs épidémiologies, etc... De plus je les ai partiellement étudiées dans le cadre de mes cours de médecine. Et enfin, vue mon jeune âge, et ayant côtoyé différents milieux, je connais un bon nombre de gens ayant été confrontés à diverses drogues. De ce fait et ayant toujours vérifié le fondement scientifique de mes sources, je garantie l'objectivité de mon texte:
L'état actuel de la situation :
L'utilisation des drogues se banalise de plus en plus chez les jeunes. L'âge de la première consommation diminue dangereusement. Les tendances s'orientent vers une polyconsommation (alcool, cannabis, cocaïne, ecstasy et hallucinogènes). Les prix baissent ce qui rend les drogues plus accessibles.
De mon temps on fumait des joints à la récréation au lycée, aujourd'hui il est très facile de se procurer de la coke pour un lycéen.
Dans toute ma scolarité je ne me rappelle que 2 interventions de l'éducation nationale en matière de prévention : sur le tabac en 5ème, sur le cannabis en 3ème.
2h sur toute une scolarité n'est-ce pas aberrant aux vues du problème?
Il y a une véritable explosion de la consommation de cocaïne qui ne touche plus seulement les milieux aisés mais tous les milieux.
La France est l'un des premiers consommateurs européens de cannabis, bien que sa politique soit l'une des plus répressives d'Europe.
La prévention en ce qui concerne les problèmes actuels de société touchant la jeunesse est quasi-inexistante (drogues mais aussi délinquance, sexualité, contraception et MST, prostitution, suicide, accidents de la route, santé mentale...).
Comment faire pour juguler les problèmes des drogues :
Allier prévention, répression, et autorisation de l'approvisionnement exclusivement personnel.
PREVENTION :
Avant tout il faut INFORMER, la jeunesse surtout, de manière CONTINUE, par les médias et par l'école, avec des données NEUTRES et SCIENTIFIQUES.
Qu'attendons nous pour diffuser EN PERMANENCE des spots publicitaires mettant en avant, et de manière objective, les dangers du cannabis, de la cocaïne, de l'ecstasy, et des drogues légales comme le tabac, l'alcool, les benzodiazépines ; mais aussi les risques des MST, la sexualité, la contraception, etc... ?!
Pourquoi l'école reste elle un lieu ou l'on apprend à se cultiver et à se former pour un travail, mais toujours pas à être heureux, responsable, créatif et en bonne santé, mais toujours pas à se prémunir des dangers qui touche les jeunes et la société?
Pourquoi ne pas créer depuis la 6ème (car de + en + l'âge de la première consommation est 11 ans !) et jusqu'au Bac, une matière à part entière, notée, qui éduque en matière de drogues, qui informe sur les dangers auxquels on s'exposent, sur le mode d'action des drogues, les causes des pertes de contrôle de la consommation, sur les pratiques sexuelles à risques, le sida et autres MST, les préservatifs, sur la délinquance et ce qu'elle coute à l'individu et à la société, etc...
J'insiste aussi sur l'importance d'une information neutre, scientifique et objective, car si on ment au public cible on perd alors toute crédibilité et toute efficacité de prévention. Plutôt que de blâmer, de moraliser, ou de faire peur aux jeunes, ne serait-il pas plus intelligent de leur rendre leur responsabilité en les amenant à réfléchir sur les enjeux de la consommation de drogues pour eux et pour la société?
REPRESSION ET APPROVISIONNEMENT EXCLUSIVEMENT
Comme les drogues sont toutes différentes, leurs dangers le sont aussi :
- Tabac : Aujourd'hui c'est la seule drogue contre laquelle les gouvernements européens luttent un peu par la prévention, les espaces non fumeurs... Cela porte ces fruits et la cigarette commence à avoir mauvaise réputation auprès des jeunes. Mais une prévention supplémentaire dans les médias et l'éducation serait plus efficace encore.
- Cannabis : Les croyances par rapport au cannabis oscillent entre diabolisation et apologie. Il est temps d'avoir une vision claire et objective sur ce produit. Auprès de la génération des personnes qui ont aujourd'hui 40 ans et plus, on a diabolisé le cannabis, et cette génération le considère plus dangereux que l'alcool. Aujourd'hui bon nombre d'études prouvent qu'environ la moitié des adolescents et des 15-25 ans consomment ou ont consommé du cannabis ; et seulement environ 2 pour 100 des utilisateurs ont une consommation chronique et donc problématique du cannabis. Ces mêmes 2 pour 100 qui pourraient avoir (ou ont) des difficultés avec n'importe quelles autres drogues légales ou non. Peut-on continuer d'ignorer ce fait par une politique uniquement répressive et qui on l'a vu ne fonctionne pas?
Le cannabis est un produit psychoactif, le cannabis est une drogue et sa consommation présente des dangers. Mais le cannabis n'est pas une drogues qui entraine une désociabilisisation, ni une marginalisation systématique, comme avec l'héroïne ou la cocaïne par exemple. Les effets néfastes sur la santé sont d'abord au niveau pulmonaire c'est pourquoi il faut préconiser une consommation par voie orale dans la prévention. Les méfaits sur le cerveau sont moindres par rapport à l'alcool, bien qu'ils restent réels en cas d'abus, notamment on niveau de l'hippocampe, siège de la mémoire. Aujourd'hui on a pu prouver que le cannabis ne provoque pas la schizophrénie, mais comme les autres drogues, il aggrave les troubles psychiques, notamment chez les schizophrènes. Il est également important d'éduquer les jeunes pour qu'ils ne tombent pas dans une consommation trop abusive.
En matière de cannabis (mais c'est pareil vis à vis des autres catégories de drogues) les 2 principaux problèmes sont :
1) Le commerce : sur ce point il faut être intraitable et le punir sévèrement car il engendre une source de revenue considérable pour l'économie parallèle, et incite à la consommation, que son commerce soit illégal comme en France, ou pas comme en Hollande...
2) Le cannabis est coupé : avec des produits plus toxiques que la drogue elle-même (henné, excréments, plastique, caoutchouc, paraffine, microbilles de verres, etc...) cela aggrave exagérément les méfaits du produit.
Alors comment lutter contre les problèmes 1) et 2) : La seule manière est d'autoriser sa culture à domicile pour un usage EXCLUSIVEMENT personnel, à raison de 2 pieds de cannabis par personne majeure, ce qui comble les besoins maximums d'une personne sans créer de trafic. Aujourd'hui la lutte contre le problème des drogues et surtout du cannabis est inefficace car IDEOLOGIQUE et non pas vu sous l'angle objectif du scientifique et de l'épidémiologiste. Et ceci aussi bien dans le sens de l'apologie que dans celui de la diabolisation du cannabis. Cela DOIT changer.
- Alcool et médicaments psychotropes: les jeunes boivent de plus en plus tôt, et avec beaucoup d'abus. L'alcoolisme est un grave problème en France. La grande toxicité de l'alcool est trop méconnue ou minimiser. De la même manière trop de gens ne sont pas conscient que les médicaments tels que les anxiolytiques et autres sont des drogues à part entière même si elles sont légales et qu'elles peuvent entraîner une forte dépendance. Il importe donc d'accentuer là aussi une prévention objective
- Les psychostimulants (amphétamines, crack, cocaïne, etc..) : Contrairement au crack qui reste assez peu consommé, la consommation de cocaïne à littéralement explosé ces dernières années et c'est aujourd'hui une drogue en passe de devenir banale. C'est alarmant. Cela procure une grande source de revenus à la mafia, de plus c'est une drogues qui entraine une forte dépendance, qui désociabilise et à l'origine de troubles psychiatriques graves tels que violence, paranoïa, et troubles bipolaires. Là aussi il existe une solution efficace pour enrailler le trafic, la consommation abusive, la désociabilisation, et les effets néfaste de cette drogue et des produits de coupe (produits chimiques, lessive, etc..) :
L'accentuation de la répression du commerce, alliée à la prévention continue et l'autorisation de la culture de la feuille de coca à titre exclusivement personnel. Ceci à raison de 10 pieds de coca par personne majeure ce qui permet un approvisionnement individuel suffisant sans entraîner de trafic.
En effet, contrairement à la consommation de la poudre de cocaïne, la consommation de feuilles de coca n'entraîne ni dépendance notable ni impact notable sur la santé. C'est d'ailleurs le moyen le plus efficace pour soigner les cocaïnomanes, pour qui on a à l'heure actuelle aucun produit de substitution. On pourrait aussi envisager que les cocaïnomanes puissent, sous prescription, acheter de la feuille de coca en pharmacie. Malheureusement ici aussi, l'idéologie prime actuellement sur les données épidémiologiques et scientifiques...
- Les opiacés (opium, héroïne...): leur consommation reste marginale et à mauvaise réputation auprès des jeunes. Mais il y a trop peu de prises en charge des héroïnomanes (distribution de seringue, aide au sevrage, suivit médical et vaccination contre les hépatites, etc...)
- Les drogues de synthèses et les hallucinogènes : Le MDMA (ecstasy) est l'une des drogues les plus toxiques qui existe. Sa consommation régulière entraîne une destruction plus ou moins irréversible des neurones à sérotonine et à dopamine, pouvant entraîner à long terme dépression chronique et autres troubles psychiques. Cela n'empêche pas que ce soit une drogue très consommée. Une prévention adaptée et une lutte efficace contre son trafic est urgente. Il en va de même pour les « designer drugs » c'est-à-dire toutes les variantes du MDMA : MDA MDE, etc... Le LSD quand à lui entraine les même problèmes de coupe que les autres drogues illégales. Par contre il semblerait intelligent d'autoriser la culture des champignons hallucinogènes et de la salvia divinorum, ceci à titre exclusivement personnel, à raison d'une boîte de culture par personne majeure et de 5 pieds de salvia divinorum. Cela permettrait une consommation sans risque de trafic. Car ces produits ne sont pas très toxiques au niveau neurobiologique, physiologique, et n'entrainent pas ou peu de dépendance. Il nécessite par contre une bonne prévention pour éviter les mauvaises réactions et les réels dangers psychologiques (bad trip, accident, etc...) qui peuvent être évités en prenant des précautions adéquates.
L'autorisation de l'approvisionnement personnel permettrait d'enrailler le trafic et la consommation de produits hallucinogènes beaucoup plus toxiques.
CONCLUSION :
Pour conclure je dirais qu'il n'a jamais existé de société dénuée de produits stupéfiants et qu'il est impossible, illusoire et même dangereux de croire que la répression seule peut être efficace. Bien sûr un monde sans drogue serait bien mais c'est une utopie. Le devoir du gouvernement est donc d'une part d'avoir une idée objective sur les drogues, et surtout d'avoir pour objectif non pas leur éradication (car on a vu que c'est impossible), mais ce qui parait plus réaliste et souhaitable c'est leur contrôle et la lutte contre leur commerce, et la limitation des abus et des problèmes sanitaires et de désociabilisation. L'école et les jeunes sont les premiers touchés par les drogues, c'est pourquoi une prévention efficace et régulière y est impérative. Pour éviter les problèmes du système hollandais, comme par exemple à Amsterdam devenue la plaque tournante de toutes sortes de trafics illégaux, il serait plus adéquat que l'ETAT (et non pas des commerces privés) vende exclusivement des SEMENCES de cannabis et d'autres plantes psychotropes de substitution citées plus haut, aux individus majeurs, dans des lieux où l'on trouverais également toutes sortes de prévention et d' aides psychosociales, mais bien sûr aucune publicité pour les semences ou drogues.